Lundi 8 juin 2009

Voici quelques chiffres complémentaires (source : Paris-Normandie, édition du jour) ...


Ville de Rouen

UMP : 25,17 %

Europe Écologie : 21,39 %

PS : 17,53 %

MoDem : 9,98 %

Front de Gauche : 5,72 %

NPA : 5,61 %

Front National : 5,03 %

 

 

Seine-Maritime

UMP : 23,71 %

PS : 18,59 %

Europe Écologie : 13,26 %

Front National : 8,60 %

MoDem : 8,18 %

Front de Gauche : 7,74 %

NPA : 6,21 %

Libertas : 3,48 %

Alliance Écologiste Indépendante : 3,42 %

Autres : 6,81 %

 

Autres : Debout la République, Parti de la France, Lutte Ouvrière, Esperanto, Union des Gens, RIC, CNIP, Europe des croissances, Communiste.


Eure

UMP : 26,63 %

PS : 14,64 %

Europe Écologie : 12,97 %

Front National : 10,05 %

MoDem : 9,12 %

Front de Gauche : 4,92 %

NPA : 5,95 %

Libertas : 5,95 %

Alliance Écologiste Indépendante : 4,20 %

Autres : 5,57 %

 

Autres : Debout la République, Parti de la France, Lutte Ouvrière, Esperanto, Union des Gens, RIC, CNIP, Europe des croissances, Communiste.


Circonscription Nord-Ouest

 

Lutte Ouvrière : 2,08

NPA : 5,8

Front de Gauche : 6,84

PS : 18,1

Europe Écologie : 12,1

Autres : 5,36

MoDem : 8,67

UMP : 24,22

DLR : 2,4

Libertas : 4,26

FN : 10,18


Il est à noter que le Front National fait son meilleur score dans notre circonscription, et qu'il passe devant le MoDem dans 7 départements sur 10, à savoir précisément dans les régions Nord-Pas-de-Calais, Picardie et Haute-Normandie.


Scores du Front National par ordre d'importance

Nord-Ouest : 10,18 %

Sud-Est : 8,5 %

Est : 7,6 %

Centre : 4,99 %

Ile-de-France : 4,5 %

Ouest : 3,06 %

Sud-Ouest : -

Outremer : -


Pour retrouvez les chiffres de la circonscription (comme des autres), et constater l'avancée du Front National sur le MoDem dans le Nord-Ouest, cliquez ici et sélectionnez les départements. Vous pouvez aussi comparer les résultats avec le scrutin de 2004.

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Dimanche 7 juin 2009
Voici, un peu comme elles viennent, quelques données quant aux résultats du scrutin de ce dimanche 7 juin 2009 :

Les chiffres à Rouen (en %) :
UMP 27,17
VERTS 21,39
PS 17,53
MODEM 9,98
FG 5,72
NPA 5,61
FN 5,03

source : Préfecture de Rouen


Les chiffres en Seine-Maritime (en %) :
UMP 24
VERTS 11,8
PS 18
MODEM 8
NPA 6
FN 9,3

source : Préfecture de Rouen

Les principales estimations nationales à 20h :

source : Le Point

Et enfin, les données de l'abstention, la "grande présente" (!) :


source : TNS-SOFRES

 
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Dimanche 7 juin 2009
Je ne ferai aucun commentaire à cette vidéo, cela me semble superflu.
Chacun jugera ... 

 
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Jeudi 4 juin 2009

Dimanche 7 juin.

Je me lève un peu tard. C’est la dernière journée. Encore ce matin, je tracte sur le Clos, appelant les gens à voter. L’avantage, c’est que je ne représente aucun parti. J’ai recouvré mon indépendance il y a deux ans maintenant, et j’y suis aussi bien que dans mes baskets. Alors, je peux être sans complaisance pour les uns ou les autres. Et puis, en ma qualité de président d’un groupe de Jeunes Européens, mouvement transpartisan qui respecte toujours l’équilibre des forces représentées (comme l’a montré notre dernier café européen mercredi dernier, invitant les jeunes de tous les partis), nous pouvons distribuer nos documents le jour même du scrutin, puisque nos documents appellent simplement à voter, un point c’est tout.

Alors il est tard quand je me lève. J’en profite un peu, sacrebleu ! C’est fou comme cette campagne que personne n’a vu est aussi épuisante qu’une présidentielle ou une municipale ! J’ai vu des choses, durant ces campagne. Entendu, bien sûr, mais vu aussi. Et appris. Sur le fonctionnement des uns ou des autres, on apprend tous les jours. Et j’ai retrouvé de bons copains. A gauche, à droite, au centre. On a passé de très bons moments. Des réunions, des entretiens, des dîners, des émissions, des marchés, des stands, des conférences … et on fait tourner le commerce de proximité !

Et me voilà dans mon bureau de vote, à l’école Camus.

Je m’apprête à glisser un bulletin dans l’urne. Jusque là, pas de souci. Simplement, une question. C’est bien la première fois que je me la pose aussi tard, presque dans l’isoloir (ou je ne vais que quand on m’y force, je déteste ça, je n’ai rien à cacher et les gens n’ont qu’à pas regarder ce que je glisse dans mon enveloppe. J’aurais du la préparer à l’avance, tiens. Je vais prendre deux bulletins, parce que mon choix se fera entre ces deux-là …

Et pourtant, j’ai annoncé publiquement quel serait mon vote. J’ai dit à une candidate il y a peu que je glisserai mon cadeau d’anniversaire dans l’urne le 7 juin … nous y voilà, et le fait de l’avoir dit a pour moi valeur de promesse. J’ai des principes un peu old regime, mais je les entretiens. C’est comme ça.

Mon cœur chavire entre deux femmes. Je veux dire, entendons-nous bien, entre deux candidates. Il y en a d’autres qui ont ma sympathie, parmi les candidats. Certains (oui, plusieurs !) pour qui j’ai voté par le passé.

Le suspense vous agace, vous voulez savoir !?

Et bien, je vais vous dire quelles sont les deux qui ont ma préférence aujourd’hui, parce que ce sont-elles, l’une et l’autre, que j’ai appris à les découvrir, que mes idées sont les leurs en grande partie, et 

J’ai un regret, que Jean-Paul ne soit pas en meilleure place sur la liste de l’UMP. Je lui souhaite de tout cœur d’être élu, car le Parlement européen serait privé d’une parlementaire tout à fait compétent et qui a la finesse de se situer en tant que personne et non pas comme un parfait apparatchik. Disons que Jean-Paul est un apparatchik imparfait, et je l’apprécie beaucoup.

Monsieur PARGNEAUX, là, désolé, rien à faire. Autant, j’ai de la sympathie pour d’autres sur sa liste, autant je ne peux pas avaler, c’est plus fort que moi, l’appel au vote-sanction (propos qu’il a tenu à Rouen le 28 mars et relayés par Paris-Normandie) ou encore le fait de frapper la pensée fédéraliste au sceau de l’hérésie (dans une interview qu’il a accordée au Taurillon, le webzine des Jeunes Européens), avec une absence manifeste de préoccupation des pays qui, à l’instar de la première population nationale en Europe (80 millions d’Allemands), vivent dans un système fédéral au quotidien. Bref, n’étant pas socialiste, j’aurais aimé tout de même que le PS fasse preuve d’un peu plus d’intelligence dans le choix de sa tête de liste dans notre circonscription. L’avenir ne s’annonce décidément toujours pas rose au PS … il serait temps que ça change, non !? Ça m’embête sincèrement pour les amis (tout aussi sincères) que j’y ai, et je savoure d’autant plus mon indépendance retrouvée. Mais elle n’est peut-être pas faite pour durer … nous verrons cela en temps et en heure.

 

Pour l’instant, je vais me plier à l’exercice des trois questions lancées par Arrêt sur les mots:

« C’est quoi l’Europe pour toi ? »

L’Europe est la vision de ce que les différences sont faites pour être rassemblées, avec respect, tolérance, pour valoriser la diversité, les particularismes et pour partager dans une communauté de vie organisée au mieux des désirs des uns et des autres. Une illustration de cela se matérialise enfin avec la sortie du magazine « L’Européen », dont je me régale du numéro de lancement, paru ce mois-ci et disponible dans les kiosques. Ce magazine est véritablement l’illustration la plus proche de la vision qui est la mienne pour l’Europe. Cela me permet de faire court pour répondre à cette question (et c’est une chance pour vous !!)

      

« Que peux-tu écrire à tes lecteurs pour les encourager à aller voter dimanche 7 juin ? »

Je vous propose 10 raisons d’aller voter le 7 juin :

1. Voter est un droit ! Se plaindre aussi … mais l’on n’est pas très crédible si l’on critique l’Union Européenne sans se rendre aux urnes dimanche.

2. Le Parlement Européen est la seule assemblée parlementaire internationale élue au suffrage universel direct, travaillant dans 23 langues, valorisant la devise de l’Union Européenne : « Unie dans la diversité »

3. Les pouvoirs du Parlement Européen augmentent (quoique pas assez selon moi), ce qui signifie que le poids des citoyens qui élisent les Députés européens  augmente également. La démocratie parlementaire est donc renforcée !

4. Choisissez, ne subissez pas ! Ne vous laissez rien imposer ! Choisir vos élus est un acte de représentation civique fort, c’est votre voix et elle compte !

5. Si vous êtes allés voter aux législatives et que vous n’envisagez pas de vous rendre aux urnes dimanche pour le scrutin européen, vous avez perdu votre temps, puisque le Droit communautaire prime sur le Droit national (français, autrichien, irlandais, slovène, &c). Et si vous n’avez pas voté aux législatives, sans doute est-ce parce que vous aviez conscience de cet état de fait et que vous avez réservé votre énergie électorale pour le scrutin de dimanche prochain, n’est-ce pas !?

6. Le Parlement Européen ne fonctionne pas sur un modèle parlementaire tel que nous pouvons le connaître dans les parlements nationaux, comme l’Assemblée Nationale en France. Il n’y a pas à proprement parler une majorité et une opposition permanentes, mais un ensemble de groupes qui travaillent de concert, les uns avec les autres, avec leurs points de convergence et de divergence, en formant des alliances conjoncturelles sur les différents dossiers législatifs. Bien sûr, certains groupes sont plus importants que d’autres, mais tous sont composés de parlementaires de plusieurs États différents ; c’est donc un exercice parlementaire doublement collectif.

7. Il importe de ne pas tomber dans le piège du vote-sanction ! Les enjeux sont clairement européens, et ce n’est pas la politique française qui fait la politique européenne ! La France est sortie de sa présidence tournante du Conseil de l’Union Européenne avec des chantiers immenses qu’il reste à construire, aujourd’hui avec la difficile présidence tchèque, demain (en fait le 1er juillet), avec la présidence suédoise. L’Europe mérite mieux qu’une récupération démagogique par les uns ou par les autres. Pour régler ses comptes en matière de politique intérieure, il est plus intelligent d’utiliser les opportunités intérieures que sont les prochaines élections régionales de 2010, les cantonales de 2011, jusqu’aux présidentielles et législatives de 2012 …

8. Le Parlement Européen a un rôle majeur dans le contrôle et le vote du budget de l’Union Européenne. Si ce budget peut sembler faible au vu des champs de compétence de l’Union, il importe que la représentation des citoyens dispose de ce pouvoir budgétaire, car le budget est avant tout l’illustration matérialisée des orientations appelées à devenir réalisations de l’Union Européenne.

9. Parce que la démocratie va de pair avec le fait de rendre compte de l’action publique, il importe de savoir que vous avez la capacité de vérifier le travail des Députés européens sur ce site.

10. Voter le 7 juin, c’est contribuer à consolider les perspectives d’une union politique sur laquelle pourra se baser la construction réelle d’une Europe sociale, et c’est donner toutes ses chances à l’avenir pour changer d’Europe quand on ne se satisfait pas du modèle largement intergouvernemental qu’elle est aujourd’hui !

Pour conclure, voter le 7 juin, c’est faire valoir votre citoyenneté ! Vérifiez la couverture de votre passeport, l‘« Union Européenne » y est inscrite avant la « République Française » : vous avez juridiquement la citoyenneté européenne. Faites-la vivre ! Exercez-la ! Faites vivre l’Europe et défendez le modèle que vous désirez, quel qu’il soit ! Soyez partie prenante de cet honorable et grand projet de communauté de vie car, que vous vous intéressiez ou non à l’Europe, l’Europe s’intéresse à vous !

« Quelle liste représente les idées que tu veux voir défendre au Parlement Européen ? »

Nous y voilà ! Enfin !

Sans dévoiler mon vote, je peux répondre à cette question.

Je suis libéral, au sens le plus étymologique qui soit, ramenant mon propos au libéralisme politique (pour faire court : « fais ce que tu veux, tant que tu m’emm*** pas les autres ! » et, pour y inclure l‘indispensable mesure de solidarité : « le moins d‘État possible, autant d‘État que nécessaire »), et je suis fédéraliste (principe fondateur : la subsidiarité, ou l’art de faire au plus petit niveau possible que ce soit tout ce qui peut l’être, garantissant ainsi notamment les services publics de proximité).

Je ne mange pas bio, je mange naturel (« bio », ça me donne des boutons, c’est du marketing pur et ça m’évoque « laboratoire », « éprouvette », … donc je mange na-tu-rel !), je suis pour la complémentarité des modes de production d’énergie et pour un investissement majeur dans la recherche au profit, prioritairement, du développement durable, de la médecine et de l’aérospatiale, à savoir des domaines qui permettent d’engager et de tenir des promesses d’épanouissement pour tous et pour chacun. Plus globalement, je crois en la conversion écologique de l’économie.

La façon dont les militants des vingt-sept partis socialistes européens ont contribué au Manifesto me paraît la méthode la plus cohérente qui soit, tel que je l’ai confirmé lors de ma rencontre avec Laurent Fabius il y a peu et confirmé sur le blog de la fédération PS de Seine-Maritime. Les Verts en ont fait de même, et c’est chez eux une habitude qui date quasiment du début de leur existence. L’UMP, en tant qu’appareil, se montre sous son plus simple … appareil, justement, et son projet n’est pas transcendant : il est moins mis en avant que le bilan prétendument très positif de la Présidence française du Conseil de l’Union Européenne … j’ai de la sympathie pour plusieurs candidats de la liste, mais cela ne suffit hélas pas à motiver mon vote.

Les deux listes qui sont susceptibles de recevoir ma voix sont Europe Ecologie et le MoDem.

  

Samia BOUKHALFA et Stéphanie TALEB-TRANCHART, respectivement conseillère municipale "Réussir Mont-Saint-Aignan" et Première adjointe au Maire de Mont-St-Aignan, toutes deux candidates aux européennes (liste MoDem de Corinne LEPAGE pour la première, liste Europe Ecologie d'Hélène FLAUTRE pour la seconde)
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Jeudi 4 juin 2009

Rencontre avec Hélène FLAUTRE à Rouen


source de l'image : Nord éclair

Convaincue, elle l’est. Convaincante, tout autant, si je n’étais pas déjà convaincue par son discours. Faut-il encore rappeler qu’il n’y a pas d’écologistes que chez les Verts !? Moi qui suis encore étiqueté « de droite » par mes amis socialistes et communistes, voire « centriste » par mes amis Verts, j’ai toujours pensé que les fondamentaux du discours des Verts dépassaient très largement ce clivage archaïque et binaire Gauche/Droite. Cela dit, il en est certains pour qui l’écologie consiste à dire « Tu veux sauver un arbre, tue un castor ! », comme quoi les clivages sont présents partout … Le discours d’Hélène FLAUTRE, en revanche, est teinté d’une lucidité presque aveuglante tant elle fait ouvrir les yeux.

Qu’est-ce qui caractérise la liste Europe Écologie menée par Hélène FLAUTRE, Député européen sortant ? La diversité et le rassemblement, clairement. Sur la présence de José BOVÉ. Au sein de ce rassemblement, Hélène FLAUTRE souligne la relation entre la partie « oui » des partisans du « non » et la partie « non » des partisans du « oui » au Traité Constitutionnel Européen. « Il faut une Constitution pour l’Europe, et pas un paquet législatif », souligne-t-elle.

Elle évoque le risque majeur des mécanismes de contrôle parlementaire affaiblis sur la question des coopérations renforcées, insiste sur la nécessité de « faire sauter le verrou » de l’unanimité dans les décisions européennes et insiste sur le fait que la Commission Européennes est appelée à devenir un véritable gouvernement européen.

Commençant comme ça, elle me plaît, Hélène FLAUTRE !

La rencontre fut l’une des plus riches, peut-être la plus riche, de toutes celles que nous avons vécu avec les candidats depuis le début de cette aventure. Je n’évoquerai donc pas tout, mais ce qui me paraît essentiel.

Au cœur du discours, bien sûr, la conversion écologique de l’économie : « Il faut augmenter le budget européen, en luttant contre les paradis fiscaux intérieurs » (par la levée du secret bancaire, en particulier, tant pour les entreprises que pour les particuliers), « en taxant les flux financiers vers des paradis fiscaux extérieurs pour les assécher, en instaurant une taxe énergie/climat sur la consommation d’énergie fossile dans le cadre d’une fiscalité européenne harmonisée », ou encore en faisant levier sur le monde par la politique normative pour faire évoluer les mentalités, en intégrant ces règles dans les méthodes de l’Organisation Mondiale du Commerce, afin de renouveler l’OMC.

Sur la nécessité d’engager un véritable plan de relance européen, elle insiste notamment sur le secteur automobile : « pas d’absence de soutien, mais une incitation à la production de véhicules produisant moins de 80 gr. de CO²/km, en investissant massivement sur la recherche, en développant les transports publics et en soutenant les politiques des collectivités locales en la matière (en particulier sur l’investissement), avec des contrats de conversion pour le personnel des constructeurs (…) ».

Sur l’idée d’un revenu minimum européen, elle y est plus que favorable, incluant dans cette proposition des critères de convergence, tout comme elle est favorable à un impôt européen.

Sur la question de l’immigration, elle se prononce en faveur d’un organe européen indépendant examinant les demandes d’asile, et de la création d’un statut européen de réfugié permettant au-dit réfugié de choisir son pays d’installation.

Elle fait quasiment une affaire personnelle de la directive « Retour » (dite aussi « directive de la honte ») concernant le retour d’enfants dans un pays où ils ne connaissent plus personne et sont mis entre les mains de fonctionnaires.

Elle évoque Calais, soulignant le nombre majoritaire de retenus afghans, réfugiés de guerre non expulsables : « On [la France] fait la guerre en Afghanistan au nom des Droits de l’Homme et on les accueille dans des conditions contraires aux Droits de l’Homme ». Et elle sait de quoi elle parle, Hélène FLAUTRE, en tant que Présidente de la sous-commission aux Droits de l’Homme au Parlement Européen.

Un mot sur la Turquie : « L’Union Européenne doit être loyale envers les candidats à l’adhésion », déclare avec sagesse la candidate, favorable à l’adhésion turque.

Je conclurais ce billet par une phrase d’Hélène FLAUTRE : « L’écologie, le codéveloppement, l’immigration, et cætera c’est revenir au projet initial de l’Europe : affirmer une Paix durable ». Ah, ça fait du bien, un discours sur l’Europe de la paix qui ne soit pas un discours poussiéreux ! Au contraire, son discours, ancré dans l’expérience d’un premier mandat parlementaire européen, reste empreint d’une fraîcheur des plus appréciables ! Comme quoi, dire des choses sérieuses peut se faire dans cet esprit-là, et je crois que nous pourrons faire aimer l’Europe ainsi. C’est cette fraîcheur, cette bonne humeur et ce petit air espiègle qui habille si bien tant de sérieux qui m’ont inspiré, tout naturellement oserai-je dire, le titre de ce billet. Merci donc pour cette belle rencontre !

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Jeudi 4 juin 2009

 

Rencontre avec Jacky HENIN, candidat du Front de Gauche


Source de l'image : un blog ami (Arnaud)

Mes petits camarades bloggeurs l’ont dit, et quoique je ne sois pas particulièrement homme de consensus, je m’inscris dans ce sentiment : Jacky HÉNIN est un bonhomme ! On éprouve d’emblée une vraie sympathie pour ce solide et chaleureux gaillard, ancien quaterback. Une poigne qui en impose (ce qui se fait de plus en plus rare) un regard qui lit en vous avec attention, on aime tout de suite le personnage.

 

Nous avons peu de temps, il est attendu pour le grand raoud qu’on imagine aisément aussi vivant que le leader du Front de Gauche lui-même dans notre circonscription. Alors, après un tour de table réduit à la congruité, on entre dans le vif du sujet.

Les phrases de Jacky HÉNIN fusent, et démontrent qu’il a aussi la carrure de l’esprit. : « Le Front de Gauche crée l’unité réclamée par l’opinion électorale [quand] le PS a toujours trahi les engagements qui étaient les siens devant l’opinion (…) ; l’UMP est en train de triompher face à l’absence de combattants [en face] ». Quand nous lui demandons si la Gauche Unitaire Européenne peut peser au sein du Parlement Européen, il taille dans le vif : « Le Parlement Européen fonctionne dans le consensus mou ». Il évoque l’action de la GUE contre la directive dite « Bolkestein » ou la directive « temps de travail », rappelant que la GUE tient un rôle non négligeable dans l’opposition qui a été engagée. « Nous y avons pris notre part ».

Sur le fonctionnement de l’assemblée parlementaire, il tranche net : « J’ai toujours refusé la méthode de travail qui consiste à déposer des rapports ; je fais des amendements ».  Je lui fais remarquer que l’opinion peut percevoir cette attitude comme une solution de facilité, qui ne propose rien d’authentique mais se contente de vouloir modifier le travail des autres et résumant l’action au seul vote des textes.

L’homme ne se démonte pas, me sourit dans sa barbe poivre et sel qui me fait penser que je ne sais pas trop s’il ressemble davantage au Grand Schtroumpf (ou Karl Marx) ou au Père Noël, et je remarque qu’il n’est comparable à nul autre, comme l’indique d’ailleurs les initiales J.H. brodées en blanc sur le tour de poignet de sa chemise noire. D’ailleurs, il est entièrement vêtu de noir, ce qui lui donne, avec son crâne lisse couronné, là aussi, poivre et sel, un style très anarcho.

Il répond par une proposition phare de son projet : la création d’un SMIC européen de 1600 €. « Je déposerai une proposition dans ce sens ». Je lui demande s’il intègre dans sa proposition des critères de convergence (vu que le niveau de vie n’est pas le même dans tous les pays de l’Union), et il répond « sans critères de convergence ». Bon, ça, c’est de l’utopie, mais l’absence de critères de convergence dans sa proposition me fait penser qu’elle échappe tout de même au bon sens.

En revanche, il m’apporte pleine satisfaction lorsqu’il déclare, sur les institutions : « il n’y a pas besoin de Commission Européenne ». Mais il poursuit avec une jolie contradiction car, selon lui, « le Parlement Européen ne souffre pas d’un déficit de pouvoir, mais il n’a pas le pouvoir d’initiative ». Mais alors, qu’est-ce que le pouvoir sans l’initiative !? Cela rejoint sans doute la vision qui consiste à amender des textes sans en déposer. Au moins, il y a une cohérence.

Sur les questions de fond, les positions de Jacky HENIN sont claires et sans ambages. L’Union européenne n’est pas en phase avec les attentes réelles des citoyens, ni en matière d’emploi, ni de santé ou encore d’éducation. Il la résume à un grand marché.

Sur la politique agricole commune, il se prononce pour la suppression des subventions aux terres en friche et contre l’uniformisation, pour le respect de la diversité et du particularisme, pour une liberté locale.

Sur l’énergie, il évoque uniquement le débat sur le nucléaire, soulignant que l’électricité produite par les centrales nucléaires « est la moins chère d’Europe, et qu’on n’a pas les moyens de s’en passer ». Il ne développe pas tellement, mais au fond, tout est dit.

Sur l’immigration, l’ancien Maire de Calais appelle à une politique commune valorisant le codéveloppement interne.

La question de la Turquie se pose, et il s’oppose à l’adhésion turque, à cause de la situation du Kurdistan, de la façon dont les Turcs mènent leur laïcité, de la situation des droits syndicaux, des droits des femmes ou de l’absence, selon lui, de règles démocratiques minimum. Toutefois, il ne s’avance pas à prétendre que la Turquie serait une dictature … Il souligne le fait qu’avec 70 millions d’habitants, la raison d’une adhésion de la Turquie ne peut être que capitaliste !

« Pas de Défense européenne, puisqu’elle sera dirigée par les États-Unis, via l’OTAN », spécule-t-il.

Il insiste sur le statut de la femme, et c’est le seul candidat qui nous en ait parlé, quoique je suppose que pour les candidates, ce débat est évident et qu’elle ne veulent sans doute pas le stigmatiser … Ainsi, Jacky HENIN veut hisser le statut de la femme selon le modèle de la femme européenne la plus favorisée (elle n’existe évidement pas !), arguant que « tous les retards acquis dans l’enfance ne se rattrapent jamais ». Le retard dans l’enfance, un acquis social ?

Enfin, à la question « comment répondre à la crise ? », la réponse est sans appel : « Contre les amendements du PSE et du PPE ! Il faut mettre le PSE en difficulté ». Le plan de relance européen n‘est qu‘une addition des efforts nationaux, et « il faut mettre à l‘index les Britanniques. Le Royaume-Uni méprise tout ! » martèle-t-il. « Il faut relancer la consommation par une augmentation du pouvir d’achat et lutter contre le dumping ».

Pour autant, lorsque je lui demande s’il est favorable à un impôt européen, remplaçant certains impôts nationaux, la réponse est « non », sans autre forme de procès.

Bon, ce n’est pas le bulletin du Front de Gauche que je mettrai dans l’urne dimanche et cela n‘engage que moi, même si j’ai parfaitement apprécié la rencontre avec le bonhomme (ce qui n’engage également que moi, même si je crois l’appréciation partagée par tous mes petits camarades présents à cet entretien).

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Mercredi 20 mai 2009

C'est ici que ça se passe !

;o)
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Vendredi 15 mai 2009
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Vendredi 15 mai 2009

Je connais un peu le travail de Jean-Paul GAUZÈS, car celui-ci est le deuxième membre d’honneur désigné en 2006 par les JE-Rouen, après François ZIMERAY.


J’ai choisi de rendre compte de notre entretien du 15 mai dernier sur les questions de la forme qu’avait prise la campagne électorale, du bilan de la Présidence française, de l’actualité du projet HADOPI, des enjeux institutionnels de l’Union européenne dans son visage actuel et du modèle social européen. Ce ne furent pas les seules questions traitées (Turquie, nucléaire …), mais elles me semblent répondre aux enjeux majeurs du scrutin de 7 juin prochain.


Jean-Paul GAUZÈS commence par nous dire qu’en fait d’absence de la campagne européenne dans les médias, ceux-ci semblent ne s’intéresser justement qu’à l’absence de campagne … sans évoquer justement les enjeux de cette campagne. Pour ma part, j’appellerai ce genre d’attitude « jouer à la roulette russe avec un barillet plein » …


Nous pouvons nous apercevoir, effectivement, que le terrain de la campagne est celui que nous occupons justement ici, à savoir la blogosphère. C’est sur Internet que la campagne se tient, sur les blocs sur les réseaux sociaux, Facebook, Twitter … que cela plaise ou non, qu’on l’accepte ou non. Il est d’ailleurs assez dramatique de considérer que certaines personnalités locales du militantisme européen refusent de l’admettre et refusent de rejoindre ce terrain-là. Peut-être une différence de génération, sans doute un manque de lucidité.


De lucidité, Jean-Paul GAUZÈS ne manque pas ! Je ferai de lui le portrait d’un très bon élève, assidu, rationnel, pragmatique et lucide. Et comme me l’a rappelé quelque un récemment, la lucidité est la blessure la plus proche du soleil. Rappelons que Jean-Paul GAUZÈS , Député sortant, a été l’auteur de 11 rapports en cinq ans et il n’y a aucun doute à avoir, il connaît son sujet à fond !


Il estime que, sur la valeur de test du scrutin parlementaire européen du 7 juin prochain, la campagne demeure une campagne européenne. Il cite cependant son mentor, Antoine RUFENACHT, ancien ministre, ancien Président de la Région Haute-Normandie et Maire du Havre depuis 1995 : « Chaque élection prépare la suivante ».
Jean-Paul GAUZÈS évoque le bilan, globalement positif, de la PFCUE (Présidence Française du Conseil de l’Union Européenne), qui s’est déroulée de juillet à décembre 2008, comme chacun sait (n’est-ce pas !?).
Il évoque en particulier la gestion de la guerre au Caucase, et les éléments de réponse à la crise, quoique insuffisants par rapports aux efforts étasuniens de l’administration Obama.


Jean-Paul GAUZÈS a raison de valoriser le travail qui a été mené par Jean-Pierre JOUYET. Ce fut un peu « sa » présidence. Tous les parlementaires ont reconnu la qualité sans précédent du Ministre en charge des affaires européennes dans le pays présidant le CUE. Hommage rendu sous la forme d’une standing ovation peu avant la fin de la PFCUE.


HADOPI
Concernant le projet HADOPI, le candidat de la liste UMP évoque le fait que le Parlement français, en votant ce projet, n’a pas pris en compte la décision du Parlement Européen, qui s’y est opposé. Or, il est bon de rappeler que le Droit communautaire prévaut sur le Droit national. Il s’agit là du « paquet Télécom » et le Député sortant rappelle le retrait du groupe ALDE du jour au lendemain sur cette question. Le compromis sur la coupure de connexion Internet porte sur la décision judiciaire obligatoire. « HADOPI entre maintenant en phase de conciliation
» entre le Conseil des Ministres et le Parlement Européen, dans le cadre de la codécision, explique-t-il.


De la Présidence de la Commission Européenne par M. BARROSO, de l’importance des groupes parlementaires dans un scrutin proportionnel et du modèle social européen
Jean-Paul GAUZÈS nous a expliqué, avec une lucidité implacable, la médiocrité de la présidence Barroso, qui a choisi de mener des alliances tactiques avec les petits États membres de l’Union plutôt que la recherche de l’intérêt général. Cela sera d’ailleurs renforcé par le Traité de Lisbonne, lequel prévoit de passer de 27 sièges à 18. On peut aisément considérer que, vu qu’il n’y a pour l’heure pas d’autre candidat (le PSE essaierait bien de faire valoir la candidature de M. RASMUSSEN, mais sachant qu’il n’est guère en position de force, l’attitude risque fort d’être celle d’un statu quo). Or, il faut considérer deux choses :

  • Primo, chaque État dispose d’une personnalité juridique morale et, de ce fait, sa non représentation au sein de la Commission Européenne pose un problème moral évident.
  • Deuzio, les petits États sont, pour la plupart, ceux qui sont issus de feue l’Union Soviétique, soit des États qui ne s’engagent pas dans une intégration européenne franche et sans réserve dans l’ensemble des champs de compétence. Leur réticence  s’illustre notamment par ces deux exemples : la relation de ces pays avec l’OTAN, en son sein, et la récente crise politique tchèque, à mi-mandat de la présidence du Conseil de l’Union Européenne par la République tchèque.

Dans la stratégie de M. BARROSO, ce seront les petits États qui continueront d’être mieux représentés que les grands.


Enfin, à celles et ceux qui ont pu, déjà (et à celles et ceux qui pourraient encore le faire), me répondre qu’il est quasiment impossible de travailler efficacement à vingt-sept, je réponds ceci : les conseils des ministres de plusieurs États, les Conseils d’administration de nombre de grandes entreprises, ou encore les organes dirigeants de moult associations (comme le Mouvement Européen - France) comptent plus de vingt-sept sièges ! Les Jeunes Européens - France ont un Conseil d’administration constitué de trente-cinq administrateurs titulaires (plus autant de suppléants). Est-ce à dire que ces organismes fonctionnent de façon inefficace !? Chacun jugera selon son humeur ou sa vision …


Il faut aussi considérer que ce ne sont pas les délégations nationales qui comptent au Parlement Européen, mais les groupes des partis politiques. Les eurodéputés français ne pèsent pas en tant que tels, mais au sein des groupes politiques dans lesquels ils siègent, lesquels groupes sont constitués d’eurodéputés de plusieurs pays.
Nous ne sommes pas dans un système qui confronte majorité et opposition, mais dans un système basé sur un scrutin intégralement proportionnel, ce qui appelle à des sortes de coalition entre les groupes politiques. Chaque Député porte sa voix, teintée de sa tendance politique.
C’est d’ailleurs bien pour cette raison que Jean-Paul GAUZÈS souligne qu’il est inutile de n’appartenir à aucun groupe parlementaire. Cela ne sert absolument à rien.


« La Présidence Barroso a clairement manqué de dynamisme », rappelle-t-il, sans complaisance, avant d’expliquer que, selon lui, les causes de la crise que nous traversons aujourd’hui sont essentiellement “le goût immodéré pour l’argent de nombre de traders dont les dirigeants des Banques ne savaient pas réellement ce qu’ils faisaient et à qui il était dit qu’il n’y avait pas de produits vicieux chez eux, la non régulation des marchés …“, bref, plutôt une crise économico-financière qu’une évolution idéologique. En cela, il se distingue de Corinne LEPAGE qui nous confiait dans notre précédent entretien croire en une crise systémique, comme elle l’explique dans son dernier livre.


« Il existe un modèle social européen », nous révèle Jean-Paul GAUZÈS , « basé sur les amortisseurs sociaux que sont notamment l’assurance-chômage, l’assurance-maladie, … et qui sont le fruit des apports idéologiques de l’Histoire ».


Sur la question institutionnelle, Jean-Paul GAUZÈS nous dit encore, en substance, que le modèle ne changera pas, du moins au terme de la prochaine législature. « Les tentatives fédéralistes du passé n’ont plus de poids ; nous restons dans un modèle assez largement intergouvernemental ».


Ce qui, vous vous en doutez bien, ne peut que motiver davantage les militants fédéralistes que nous sommes !

 


 

Stéphane-Emmanuel RAYNAUD de FITTE

pour la Rédaction des JE-Rouen

 

Retrouvez aussi cet article sur le blog européen de Paris-Normandie

Par Stradefi - Publié dans : Actualités politiques - Communauté : Politique française
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Mercredi 6 mai 2009
Ce 5 mai, le premier entretien de la série que nous avons programmée avec mes petits camarades bloggeurs s’est déroulé ce mardi soir, suite à la rencontre publique de Corinne LEPAGE, leader de la liste MoDem dans notre circonscription, à la Librairie L’Armitière pour la séance de dédicaces de son dernier ouvrage « Vivre autrement » (chez Grasset), dans les locaux de Paris-Normandie, qui jouait son rôle d’immanquable partenaire en nous accueillant. Que la Rédaction en soit remerciée comme il convient, sa présence doit être saluée, surtout face à …

:: … « L’inquiétante indifférence »

La Une de Paris-Normandie titrait aujourd’hui « L’inquiétante indifférence ». La première question fut celle-ci. Corinne LEPAGE a déploré l’absence des grands médias sur la campagne en général, mais surtout sur les enjeux de cette campagne. « Nos concitoyens ont beaucoup d’attentes sur ce que l’Europe peut faire, notamment sur les questions liées à l’emploi », déclare-t-elle. Lorsque il est évoqué l’appel par certains appareils et candidats à un vote-sanction contre la politique intérieure française, elle regrette en particulier la position du Président de la République, qui a lancé la campagne de l’UMP, sortant de son rôle de Président de tous les Français : « Je suis gênée par sa sortie de son rôle d’arbitre au-delà des appareils ». Il est vrai que Nicolas SARKOZY figure même sur les affiches de campagne de l’UMP …


:: Orientations fondamentales d’une candidature

Sur la question concernant le groupe parlementaire dans lequel elle siègera, elle n’hésite pas à répondre avec une honnêteté qui la caractérise, qu’en l’état actuel des choses, elle ne sait pas encore, et que cela dépendra des résultats de l’ensemble du scrutin européen. Elle rappelle, en regard à cela, les orientations fondamentales qui sont celles de sa candidature : en plus de la défense de l’environnement, bien sûr, l’économie sociale ou encore les libertés publiques.
Elle évoque les relations avec le PDE (Parti Démocrate Européen), constitué par différents partis de différents pays représentés par de nombreuses personnalités (pour l’une des plus connues, l’italien Francesco RUTELLI).


Quand nous lui demandons quel regard elle porte sur la Présidence Française du Conseil de l’Union Européenne, la candidate, par ailleurs Présidente de CAP21 et Vice-présidente du MoDem, déclare que le bilan est globalement positif, mais souligne les points faibles du bilan français, à savoir la gestion de la crise au Caucase, l’abandon progressif de ce qui avait été déclaré sur le paquet Énergie/Climat, dont il ne reste quasiment plus que des bonnes intentions, ou encore la fiscalité.


Elle se défend d’être l’alibi écologiste de François BAYROU, et soutient faire en sorte que le MoDem tende davantage vers la défense de l’écologie. « Vous savez, il y a des écologistes partout [dans tous les partis, NDLA] ! », s‘exclame-t-elle.

:: Face à l’Europe sociale inexistante dans une Europe institutionnelle dans la tourmente …

Corinne LEPAGE a l’intelligence de faire partie de ces personnalités qui analysent la crise actuelle comme une crise systémique plus qu’une crise strictement économique et financière, et son propos le fait clairement ressentir. « Les institutions européennes actuelles sont inadaptées à la situation. Il ne s‘agit pas de dire ‘’Il faut faire quelque-chose‘’ mais plutôt ’’Comment on fait ?’’ et tâcher d‘y répondre». Pour ce faire, elle souligne l’absolue nécessité de définir les orientations visionnaires d’une Europe politique, aujourd’hui absente et ternie par « des relents protectionnistes ». Il faut, selon elle, inscrire le Projet Européen dans un échelonnement d’étapes dont l’objectif dont le terme doit échapper à une durée qui serait perçue comme menaçante des intérêts immédiats, et définir les étapes d’un rétro-planning, en évitant de faire le contraire de ce qu’il faut, comme aujourd’hui. Elle rappelle l’hérésie d’avoir commis « la catastrophe de l’élargissement avant l’approfondissement ».


Elle nout dit, en substance, que le volet social a été abandonné ; or, c’est l’union politique qui amènera l’Europe sociale et, de là, la progression du modèle européen, et elle évoque notamment, à nouveau, la fiscalité. « Je soutiens le Traité de Lisbonne, pour ses apports, justement, en matière d’approfondissement ».


Sur la question institutionnelle, elle ravit encore le fervent défenseur de la pensée fédéraliste que je suis en déclarant encore que « la subsidiarité est indispensable à la vie de nos concitoyens (…) Malgré les contraintes actuelles, il faut quand même avancer ; la pire alternative serait l‘immobilisme », et elle insiste sur la nécessite de construire l’Europe sociale. : « Il faut faire pour l’Europe sociale ce qu’on a fait avec l’Euro », quoique la géométrie variable de la construction européenne ne favorise pas la construction d’une Fédération européenne. Elle évoque le fait qu’il faille, selon elle, supprimer les euro circonscriptions ainsi que le cumul des mandats. L’ancienne ministre, ne disposant aujourd’hui d’aucun mandat, souligne qu’elle n’en briguera aucun autre si elle est élue au soir du 7 juin, et rappelle combien le système jacobin français est propice au cumul des mandats, ce qui est une exception très française.


L’élargissement nous amène tout naturellement à la question de l’adhésion de la Turquie, sur laquelle sa réponse est catégorique. Elle est contre, arguant de la façon dont les Droits de l’Homme et la la¨cité son aujourd’hui traités par ce pays, mais elle reconnaît que doit cesser l’hypocrisie bien ancienne déjà qui consiste à dire à la Turquie “peut-être si …”, ou “oui mais …” ou encore “p’têt ben qu’oui, p’têt ben qu’non” …


:: Politique de grands travaux vs. réfection de l’Hôtel de Police de Saint-Flour ?

Sur les questions économiques, elle propose plusieurs éléments de réponse à la crise, en en rappelant la caractéristique qu’elle analyse systémique. « Il faut contracter un emprunt (…) pour compléter les plans de relance, ce qui est aujourd’hui juridiquement impossible », et l’aurait été si le TCE [Traité Constitutionnel Européen, aussi appelé Constitution européenne] avait été adopté. Bernard LEHIDEUX [Député européen MoDem d’Île-de-France, NDLA] est d’ailleurs intervenu récemment sur ce point au Parlement Européen.


Elle indique la nécessité de réorienter les plans de relance et se dit dubitative sur la capacité de l’Union Européenne à appliquer le paquet Énergie/Climat. Quant à la gouvernance financière, dont elle déplore la politique actuelle soutenue par le Président de la Commission Européenne, elle estime indispensable de changer de cap. « Il n’y a aucune cohérence dans ce qui a été annoncé dans le plan de relance. On a demandé aux Préfets de voir ce qu’on pouvait sortir immédiatement, des petites choses toutes prêtes, comme la réfection de l’Hôtel de Police de Saint-Flour [dans le Cantal, NDLA], et on n’a pas lancé de grands travaux, par exemple ». Bon, moi qui suis passé à Saint-Flour lors d’un séjour en Auvergne l’été dernier après l’Université d’été des Jeunes Européens-France à Clermont-Ferrand, je me souviens de l’impressionante salle de cinéma sur les hauteurs du village-vieux, mais pas si l’Hôtel de Police avait besoin d’une réfection …

Néanmoins, Corinne LEPAGE met selon moi l’accent sur une solution tout à fait adaptée, selon moi, à un secteur pouvant promettre d’heureuses perspectives : le BTP. Les grands projets structurants d’urbanisme et d’aménagement du territoire ont sans doute leur rôle à jouer.


Sur le retour de la France dans le Commandement intégré de l’OTAN, elle estime très simplement que cela nuit à la construction d’une Europe de la Défense digne de ce nom.


:: Et la Haute-Normandie, dans tout ça !?

Enfin, elle tient à souligner qu’elle ne s’inscrit pas une démarche distincte dans chacune des quatre régions de l’eurocirconscription, mais dans une représentation globale des citoyens qui la composent. Pas de réponse régionale, un mandat global. Pas de projets distincts, une vision d’ensemble. Toutefois, elle défendra des projets locaux tels que, par exemple, inhérents à la politique des transports ferroviaires. Cela devrait satisfaire les attentes de tous ceux qui dénoncent les temps de trajet en train entre Paris et Caen ou Rouen et Le Havre. Nul doute qu’elle sera partie prenante quant au projet du Grand Paris, même si la capitale française est en-dehors de l’eurocirconscription, au vu de ses conséquences sur la place et le rôle des ports autonomes du Havre et de Rouen, et sur le transport ferroviaire intrinsèque.


:: Une bien belle rencontre

Nous avons rencontré, selon moi, une candidate honnête, sympathique, compétente, habitée par de vraies convictions et par une vision de la chose publique qui rend toute sa noblesse à celle-ci, et même quand quelques points de divergences sur la Turquie, dont je suis un fervent défenseur de l’entrée, à terme, dans l’Union Européenne (quand les Turcs seront prêts, sans oublier qu’ils le sont aujourd’hui bien plus que nous-mêmes …). Elle sait de quoi elle parle, contrairement à beaucoup d’autres têtes de liste, en particulier chez les “majors”, ici comme ailleurs, et conserve son honnêteté en disant, sur un point qu’elle ignore encore “je ne sais pas” plutôt que “je sais tout” ! Ou un exemple de comportement honorable de la part d’une personne qui s’apprête, en notre nom, à endosser des responsabilités publiques. C’est bien rare, l’inverse étant souvent avéré dans la sphère politique, chez les hommes comme chez les femmes ! Alors, une candidate comme Corinne LEPAGE, je pense que c’est rigoureusement appréciable.


Mes hommages, Madame ! Merci pour cette bien belle rencontre !


Prochains entretiens prévus les 12, 18 et 26 mai, respectivement avec Jean-Paul GAUZES, Estelle GRELIER et Jacky HENIN.

 


 


Par Stradefi - Publié dans : Actualités politiques - Communauté : Politique française
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  • : 25/03/2008
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