Départ pour
Copenhague.
2009, nous sommes le 26 novembre. Non cela n'a rien d'une annonce
prophétique et apocalyptique. Du moins, je ne le crois pas.
Nous avons toujours appelé au rapprochement entre le Mouvement Démocrate, dont nous faisons partie, et Europe Ecologie. Notre action s'inscrit donc dans une
dynamique cohérente, appelée également de ses voeux par Corinne LEPAGE, Présidente de CAP21 et Vice-présidente du
MoDem, et dans la suite logique puisque nous sommes la quatrième région de France à avoir cette position, et nous serons sans doute douze régions avant la fin de l'année.
A celles et ceux qui
douteraient encore de l'état d'urgence, je dédie trois billets. Celui-ci, le premier, pour illustrer l'urgence écologique, à travers les mots de Fred VARGAS, les deux prochains relateront
l'urgence sociale et l'urgence démocratique.
"Nous y voilà, nous y sommes. Depuis cinquante ans que cette tourmente menace dans les hauts-fourneaux de l’incurie de l’humanité, nous y sommes. Dans le mur, au bord du gouffre, comme seul
l’homme sait le faire avec brio, qui ne perçoit la réalité que lorsqu’elle lui fait mal. Telle notre bonne vieille cigale à qui nous prêtons nos qualités d’insouciance. Nous avons chanté, dansé.
Quand je dis « nous », entendons un quart de l’humanité tandis que le reste était à la peine. Nous avons construit la vie meilleure, nous avons jeté nos pesticides à l’eau, nos fumées
dans l’air, nous avons conduit trois voitures, nous avons vidé les mines, nous avons mangé des fraises du bout monde, nous avons voyagé en tous sens, nous avons éclairé les nuits, nous avons
chaussé des tennis qui clignotent quand on marche, nous avons grossi, nous avons mouillé le désert, acidifié la pluie, créé des clones, franchement on peut dire qu’on s’est bien amusés. On a
réussi des trucs carrément épatants, très difficiles, comme faire fondre la banquise, glisser des bestioles génétiquement modifiées sous la terre, déplacer le Gulf Stream, détruire un tiers des
espèces vivantes, faire péter l’atome, enfoncer des déchets radioactifs dans le sol, ni vu ni connu. Franchement on s’est marrés. Franchement on a bien profité. Et on aimerait bien continuer,
tant il va de soi qu’il est plus rigolo de sauter dans un avion avec des tennis lumineuses que de biner des pommes de terre. Certes.
Mais nous y sommes. A
la Troisième Révolution. Qui a ceci de très différent des deux premières (la Révolution néolithique et la Révolution industrielle, pour mémoire) qu’on ne l’a pas choisie. « On est obligés de
la faire, la Troisième Révolution ? » demanderont quelques esprits réticents et chagrins. Oui. On n’a pas le choix, elle a déjà commencé, elle ne nous a pas demandé notre avis. C’est la
mère Nature qui l’a décidé, après nous avoir aimablement laissés jouer avec elle depuis des décennies. La mère Nature, épuisée, souillée, exsangue, nous ferme les robinets. De pétrole, de gaz,
d’uranium, d’air, d’eau. Son ultimatum est clair et sans pitié : Sauvez-moi, ou crevez avec moi (à l’exception des fourmis et des araignées qui nous survivront, car très résistantes, et
d’ailleurs peu portées sur la danse). Sauvez-moi, ou crevez avec moi. Évidemment, dit comme ça, on comprend qu’on n’a pas le choix, on s’exécute illico et, même, si on a le temps, on s’excuse,
affolés et honteux. D’aucuns, un brin rêveurs, tentent d’obtenir un délai, de s’amuser encore avec la croissance. Peine perdue. Il y a du boulot, plus que l’humanité n’en eut jamais. Nettoyer le
ciel, laver l’eau, décrasser la terre, abandonner sa voiture, figer le nucléaire, ramasser les ours blancs, éteindre en partant, veiller à la paix, contenir l’avidité, trouver des fraises à côté
de chez soi, ne pas sortir la nuit pour les cueillir toutes, en laisser au voisin, relancer la marine à voile, laisser le charbon là où il est –attention, ne nous laissons pas tenter, laissons ce
charbon tranquille- récupérer le crottin, pisser dans les champs (pour le phosphore, on n’en a plus, on a tout pris dans les mines, on s’est quand même bien marrés). S’efforcer. Réfléchir, même.
Et, sans vouloir offenser avec un terme tombé en désuétude, être solidaire. Avec le voisin, avec l’Europe, avec le monde. Colossal programme que celui de la Troisième Révolution. Pas
d’échappatoire, allons-y. Encore qu’il faut noter que récupérer du crottin, et tous ceux qui l’ont fait le savent, est une activité foncièrement satisfaisante. Qui n’empêche en rien de danser le
soir venu, ce n’est pas incompatible. A condition que la paix soit là, à condition que nous contenions le retour de la barbarie –une autre des grandes spécialités de l’homme, sa plus aboutie
peut-être. A ce prix, nous réussirons la Troisième révolution. A ce prix nous danserons, autrement sans doute, mais nous danserons encore."
Je rappelle ici le discours plein de bon sens de Jacques CHIRAC, alors Président de la République Française, lors du sommet de
la Terre à Johannesburg en 2002. Le propos reste éminement d'actualité :
Notre maison brûle et nous regardons ailleurs. La nature, mutilée, surexploitée, ne parvient plus à se
reconstituer et nous refusons de l'admettre. L'humanité souffre. Elle souffre de mal-développement, au nord comme au sud, et nous sommes indifférents. La terre et l'humanité sont en péril et nous
en sommes tous responsables.
Il est temps, je crois, d'ouvrir les yeux. Sur tous les continents, les signaux d'alerte s'allument. L'Europe est frappée par des catastrophes naturelles et des crises sanitaires. L'économie américaine, souvent boulimique en ressources naturelles, paraît atteinte d'une crise de confiance dans ses modes de régulation. L'Amérique latine est à nouveau secouée par la crise financière et donc sociale. En Asie, la multiplication des pollutions, dont témoigne le nuage brun, s'étend et menace d'empoisonnement un continent tout entier. L'Afrique est accablée par les conflits, le SIDA, la désertification, la famine. Certains pays insulaires sont menacés de disparition par le réchauffement climatique.
Nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas ! Prenons garde que le XXIe siècle ne devienne pas, pour les générations futures, celui d'un crime de l'humanité contre la vie.
Notre responsabilité collective est engagée. Responsabilité première des pays développés. Première par l'histoire, première par la puissance, première par le niveau de leurs consommations. Si l'humanité entière se comportait comme les pays du nord, il faudrait deux planètes supplémentaires pour faire face à nos besoins.
Responsabilité des pays en développement aussi. Nier les contraintes à long terme au nom de l'urgence n'a pas de sens. Ces pays doivent admettre qu'il n'est d'autre solution pour eux que d'inventer un mode de croissance moins polluant.
Dix ans après Rio, nous n'avons pas de quoi être fiers. La mise en œuvre de l'Agenda 21 est laborieuse. La conscience de notre défaillance doit nous conduire, ici, à Johannesburg, à conclure l'alliance mondiale pour le développement durable.
Une alliance par laquelle les pays développés engageront la révolution écologique, la révolution de leurs modes de production et de consommation. Une alliance par laquelle ils consentiront l'effort de solidarité nécessaire en direction des pays pauvres. Une alliance à laquelle la France et l'Union européenne sont prêtes.
Une alliance par laquelle le monde en développement s'engagera sur la voie de la bonne gouvernance et du développement propre.
Nous avons devant nous, je crois, cinq chantiers prioritaires.
Le changement climatique d'abord. Il est engagé du fait de l'activité humaine. Il nous menace d'une tragédie planétaire. Il n'est plus temps de jouer chacun pour soi. De Johannesburg, doit s'élever un appel solennel vers tous les pays du monde, et d'abord vers les grands pays industrialisés, pour qu'ils ratifient et appliquent le Protocole de Kyoto. Le réchauffement climatique est encore réversible. Lourde serait la responsabilité de ceux qui refuseraient de le combattre.
Deuxième chantier : l'éradication de la pauvreté. A l'heure de la mondialisation, la persistance de la pauvreté de masse est un scandale et une aberration. Appliquons les décisions de Doha et de Monterrey. Augmentons l'aide au développement pour atteindre dans les dix ans au maximum les 0,7% du PIB. Trouvons de nouvelles sources de financement. Par exemple par un nécessaire prélèvement de solidarité sur les richesses considérables engendrées par la mondialisation.
Troisième chantier : la diversité. La diversité biologique et la diversité culturelle, toutes deux patrimoine commun de l'humanité, toutes deux sont menacées. La réponse, c'est l'affirmation du droit à la diversité et l'adoption d'engagements juridiques sur l'éthique.
Quatrième chantier : les modes de production et de consommation. Avec les entreprises, il faut mettre au point des systèmes économes en ressources naturelles, économes en déchets, économes en pollutions. L'invention du développement durable est un progrès fondamental au service duquel nous devons mettre les avancées des sciences et des technologies, dans le respect du principe de précaution. La France proposera à ses partenaires du G8 l'adoption, lors du Sommet d'Evian en juin prochain, d'une initiative pour stimuler la recherche scientifique et technologique au service du développement durable.
Cinquième chantier : la gouvernance mondiale, pour humaniser et pour maîtriser la mondialisation. Il est temps de reconnaître qu'existent des biens publics mondiaux et que nous devons les gérer ensemble. Il est temps d'affirmer et de faire prévaloir un intérêt supérieur de l'humanité, qui dépasse à l'évidence l'intérêt de chacun des pays qui la compose.
Pour assurer la cohérence de l'action internationale, nous avons besoin, je l'ai dit à Monterrey, d'un Conseil de sécurité économique et social.
Pour mieux gérer l'environnement, pour faire respecter les principes de Rio, nous avons besoin d'une Organisation mondiale de l'environnement.
Pour vérifier l'application de l'Agenda 21 et du Plan d'action de Johannesburg, la France propose que la Commission du développement durable soit investie d'une fonction d'évaluation par les pairs, comme cela existe par exemple à l'OCDE. Et la France est prête à se soumettre la première à cette évaluation.
Monsieur le Président,
Au regard de l'histoire de la vie sur terre, celle de l'humanité commence à peine. Et pourtant, la voici déjà, par la faute de l'homme, menaçante pour la nature et donc elle-même menacée.
L'Homme, pointe avancée de l'évolution, peut-il devenir l'ennemi de la Vie ? Et c'est le risque qu'aujourd'hui nous courons par égoïsme ou par aveuglement.
Il est apparu en Afrique voici plusieurs millions d'années. Fragile et désarmé, il a su, par son intelligence et ses capacités, essaimer sur la planète entière et lui imposer sa loi. Le moment est venu pour l'humanité, dans la diversité de ses cultures et de ses civilisations, dont chacune a droit d'être respectée, le moment est venu de nouer avec la nature un lien nouveau, un lien de respect et d'harmonie, et donc d'apprendre à maîtriser la puissance et les appétits de l'homme.
Et aujourd'hui, à Johannesburg, l'humanité a rendez-vous avec son destin. Et quel plus beau lieu que l'Afrique du Sud, cher Thabo MBEKI, cher Nelson MANDELA, pays emblématique par son combat victorieux contre l'apartheid, pour franchir cette nouvelle étape de l'aventure humaine !
Je vous remercie."
Pour information, je précise mon positionnement actuel. J'ai rejoint CAP21, le
parti fondé et présidé par Corinne LEPAGE, ancien Ministre de l'Environnement (sous le Gouvernement Juppé, 1995 - 1997) et Vice-présidente du Mouvement Démocrate, en ayant opté pour la
double adhésion. Mon adhésion à CAP21 me vaut donc également d'être membre du MoDem, sous la forme qui me convient le mieux.
Quelques jours avant mon adhésion, et dans le cadre des contributions à la campagne régionale de mars prochain, j'ai signé l'appel de Claude TALEB, Vice-président de la Région Haute-Normandie
(Les Verts), et je soutiens du fond du coeur cette initiative, militant clairement pour un rapprochement entre les Verts et les Démocrates dans ce que j'appelle la "Démocratie Verte" et
réponds sans réserve à cet appel pour mener à bien un projet dont je sais qu'il sera responsable, juste et solidaire, respectueux de la diversité et soucieux de l'épanouissement de tous et de
chacun, et dont je salue l'ouverture qui reflète l'intelligence politique d'un temps résolument moderne, car je crois en effet qu'il est plus que temps de joindre nos efforts pour bâtir une
société réconciliée avec toutes les forces pertinentes.
Voilà ce que me dit mon coeur, et il se trouve que ma tête est d'accord ;o)
Pour signer l'appel au rassemblement :
appelhautenormandie@europeecologie.fr
A visiter également, le blog de Claude :
http://blog.claudetaleb.fr/
Mise à jour des signataires de l'appel au 22 septembre 2009 :
http://www.haute.normandie.lesverts.fr/IMG/pdf/noms.pdf
Voici quelques chiffres complémentaires (source : Paris-Normandie, édition du jour) ...
Ville de Rouen
UMP : 25,17 %
Europe Écologie : 21,39 %
PS : 17,53 %
MoDem : 9,98 %
Front de Gauche : 5,72 %
NPA : 5,61 %
Front National : 5,03 %
Seine-Maritime
UMP : 23,71 %
PS : 18,59 %
Europe Écologie : 13,26 %
Front National : 8,60 %
MoDem : 8,18 %
Front de Gauche : 7,74 %
NPA : 6,21 %
Libertas : 3,48 %
Alliance Écologiste Indépendante : 3,42 %
Autres : 6,81 %
Autres : Debout la République, Parti de la France, Lutte Ouvrière, Esperanto, Union des Gens, RIC, CNIP, Europe des croissances, Communiste.
Eure
UMP : 26,63 %
PS : 14,64 %
Europe Écologie : 12,97 %
Front National : 10,05 %
MoDem : 9,12 %
Front de Gauche : 4,92 %
NPA : 5,95 %
Libertas : 5,95 %
Alliance Écologiste Indépendante : 4,20 %
Autres : 5,57 %
Autres : Debout la République, Parti de la France, Lutte Ouvrière, Esperanto, Union des Gens, RIC, CNIP, Europe des croissances, Communiste.
Circonscription Nord-Ouest
Lutte Ouvrière : 2,08
NPA : 5,8
Front de Gauche : 6,84
PS : 18,1
Europe Écologie : 12,1
Autres : 5,36
MoDem : 8,67
UMP : 24,22
DLR : 2,4
Libertas : 4,26
FN : 10,18
Il est à noter que le Front National fait son meilleur score dans notre circonscription, et qu'il passe devant le MoDem dans 7 départements sur 10, à savoir précisément dans les régions Nord-Pas-de-Calais, Picardie et Haute-Normandie.
Scores du Front National par ordre d'importance
Nord-Ouest : 10,18 %
Sud-Est : 8,5 %
Est : 7,6 %
Centre : 4,99 %
Ile-de-France : 4,5 %
Ouest : 3,06 %
Sud-Ouest : -
Outremer : -
| UMP | 27,17 |
| VERTS | 21,39 |
| PS | 17,53 |
| MODEM | 9,98 |
| FG | 5,72 |
| NPA | 5,61 |
| FN | 5,03 |
| UMP | 24 |
| VERTS | 11,8 |
| PS | 18 |
| MODEM | 8 |
| NPA | 6 |
| FN | 9,3 |
| Juin 2012 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | ||||||||
| 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | ||||
| 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | ||||
| 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | ||||
| 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | 30 | |||||
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