Selon certaines pensées libérales que je partage, l'Etat a un rôle à jouer dans l'éducation, basé sur le principe de
méritocratie, en permettant aux personnes issues des milieux les moins favorisés d'accéder à un niveau d'instruction qui dépend plus d'eux-mêmes que des ressources de leur famille. Cependant, et
contrairement à la pratique répandue, cette participation de l'État ne se ferait pas par l'existence et le maintien d'établissements scolaires publics mais par une distribution de moyens
directement auprès des personnes concernées - par exemple sous forme de chèque-éducation, acceptés par certains établissements privés.
Les libéraux sont en général opposés aux réglementations étatiques contraignantes qui aboutissent à l'absence de
sélection au mérite (et partant à la dévalorisation des diplômes), au «collège unique», à la «carte scolaire» (interdiction de choisir son établissement), à l'enseignement indifférencié,
etc.
Pour les libertariens, il est injuste de forcer une personne, via l'impôt, à financer l'éducation d'autrui.
L'enseignement est donc un service comme les autres, que des individus ou des entreprises vendent à des clients. S'il était appliqué, ce modèle aurait de nombreux avantages sur le plan de la
qualité de l'enseignement. Outre les bénéfices tirés de la concurrence entre établissements scolaires et écoles de pédagogie, la délivrance des principaux diplômes ne serait plus un monopole, ce
qui permettrait de valoriser de manière optimale les acquis des étudiants.
Le financement des études qui pourrait résulter de ce système est aussi supérieur à la formule de l'instruction publique
gratuite. Ce marché, en plus d'intéresser les banques, pourrait voir fleurir les associations délivrant des bourses aux étudiants. Dans les deux cas, l'obtention de prêts serait soumise à la
capacité des candidats à convaincre les prêteurs, et donc à fournir des résultats. Ce principe de responsabilisation favoriserait la réussite scolaire et permettrait aux plus méritants de
poursuivre des études.
Le minarchisme est une théorie politique appelant de ses vœux un État minimum (ou État minimal), réduit dans de strictes
limites de légitimité. Le terme date vraisemblablement des années 70 et est l'équivalent français du minarchism anglais.
L'État étant caractérisé comme un monopole de la violence, ses prérogatives légitimes sont souvent identifiées aux seuls
domaines où la violence est justifiée, les «fonctions régaliennes» de l'État : le maintien de l'ordre, la justice, la défense du territoire. On parle alors d'État gendarme. Parfois, les
minarchistes assignent aussi à l'État des infrastructures qu'ils jugent essentielles, comme par exemple la voirie.
Le minarchisme, appelant à une limitation de l'État, est donc une variante du libéralisme et s'oppose donc à l'étatisme.
Au sein du libéralisme, on lui opposera l'anarcho-capitalisme.
En marge intellectuelle du minarchisme (mais avec une assise politique bien plus étendue), on peut trouver des sociaux
démocrates, et des néo-conservateurs, qui ont une vision très proactive du maintien de l'ordre par l'État.
Au XIXe siècle le monopole public a été graduellement réduit, le plus souvent par l'action des libéraux : la loi Guizot
libéralise l'enseignement primaire en 1832, la loi Falloux, nommée d'après le catholique libéral Alfred de Falloux (1811-1886), libéralise l'enseignement secondaire en 1850, et la loi Dupanloup
(1802-1878) libéralise l'enseignement supérieur en 1875. En revanche, la fin du Xxe siècle voit une régression sous l'influence des thèses égalitaristes : plan Langevin-Wallon (refus de la
sélection, «justice à l'école»), collège unique, carte scolaire, &c.
Sur la grève, ce qui m'échappe toujours, c'est la culture de la grève préventive qui domine dans notre pays, en
particulier. Une proposition est souvent faite, par un gouvernement dont la couleur politique importe peu, et donne lieu à un déchaînement de mouvements sociaux protestataires qui appellent à la
grève et manifestent dans les rues avant même d'avoir donné le droit à l'expérimentation. Nous pouvons ainsi observer une grave déficience du dialogue social, liée sans doute au fait que les
organisations syndicales représentent une très faible partie de la population active. Il me semble, personnellement, que les syndicats auraient davantage à gagner s'ils pouvaient légitimement
parler au nom d'une portion congrue de travailleurs. Je ne rejoins pas, cela étant, la proposition qui était faite par Ségolène ROYAL durant sa campagne présidentielle, visant à rendre
obligatoire pour tout travailleur le fait de de syndiquer.
Concernant plus précisement l'Ecole, l'accueil à l'école des enfants sans cours ou sans activité scolaire, procède
effectivement en soi d'un service minimum, auquel je me suis toujours opposé. Encore une fois, le service public n'a de sens, dans sa définition même et dans les principes qu'il véhicule, que
s'il est garanti, c'est-à-dire total. Au service public minimum, j'oppose la nécessité d'observer un service public maximum. Il semble que nous soyons, en France, bien loin de cette politique
...
Je laisse à la réflexion collective quelques citations :ons
«Seule l'éducation qui est une fin en elle-même est véritablement libérale ou gratuite» - John DEWEY, in Democracy and
Education.
«À la tête d’un gouvernement, c’est déjà faire beaucoup de bien que ne pas faire de mal» - J.-B. Say
«N’attendre de l’État que deux choses : liberté, sécurité. Et bien voir que l’on ne saurait, au risque de les perdre
toutes deux, en demander une troisième.» - F. Bastiat
«Concernant l'éducation, l'argument primordial en faveur de son assistance par le gouvernement est que les enfants ne
sont pas encore des citoyens responsables et ne peuvent être supposés capables de savoir ce dont ils ont besoin, ni ne possèdent de ressources qu'ils pourraient consacrer à l'acquisition du
savoir ; les parents, de leur côté, ne sont pas toujours capable ou désireux de d'investir, dans l'éducation des enfants, autant qu'il serait nécessaire pour que les fruits de ce capital
immatériel correspondent aux fruit du capital matériel investi. Ce raisonnement s'applique seulement aux enfants et mineurs. Mais il est complété par une autre considération qui s'applique aussi
aux adultes, c'est que l'éducation peut éveiller en ceux qui la reçoivent des capacités dont il n'avait pas conscience. Ici encore, l'on peut fréquemment soutenir que c'est seulement si
l'individu est assisté pendant les premiers stades de sa formation, qu'il sera en mesure de développer ensuite ses potentialités à sa propre initiative. Qu'il y ait de solides arguments pour que
le gouvernement finance au moins une instruction générale n'implique cependant pas que cette éducation doive aussi être administrée par l'état, et encore moins qu'il doive en avoir le monopole.»
- F. Hayek
«Une éducation générale et étatisée n'est qu'un appareil à façonner les gens pour qu'ils soient exactement semblables
entre eux ; et le moule utilisé est celui qui plaît aux pouvoirs prépondérants dans le gouvernement, que ce soit un monarque, un clergé, une aristocratie, ou la majorité de la génération en
cours, et dans la mesure où l'appareil est efficace et où il est réussi, il établit un despotisme sur les esprits qui, par une pente naturelle, conduit à un despotisme sur les corps.» - J. S.
Mill
«L'Éducation Nationale se charge quand à elle de l'embrigadement des enfants. Cette structure tentaculaire est parfaite
dans ce rôle. 99% des professeurs sont acquis corps et âme à la gauche la plus à gauche qui soit, et ils ont parfaitement conscience de leur place stratégique. Ils mettent donc la plus grande
attention à diffuser des versions historiques remaniées, expurgées, triturées, afin que la vérité en cours au sein de l'État soit bien diffusée dans les générations suivantes. Si cette vérité
venait à changer, le conditionnement reçu interdit toute lecture critique de la presse et les informations reçues sont automatiquement assimilées en lieu et place de l'ancienne vérité.» - H.
Duray, in L'état est une secte
«Au lendemain de la guerre, en 1947, les communistes Langevin et Wallon proposèrent de réaliser en France l'école
unique, creuset de l'homme nouveau socialiste. Repoussé par deux fois à la Chambre sous la IVe République, ce projet fut mis en œuvre, paradoxalement, par De Gaulle au début de la Ve. (...) Dès
cette date, l'Éducation ne fut plus nationale. Elle fut, de jure, cogérée par le ministère et les syndicats. De facto, elle fut gérée par les syndicats seuls, car les ministres passaient (et
souvent sautaient), alors que les syndicats restaient. Je dis bien que l'Éducation «nationale» usurpe désormais ce qualificatif, car la nation, qui n'a d'autre organe d'expression que le suffrage
universel , et d'autres représentants légitimes que le Parlement et le Gouvernement, n'eut plus jamais, de ce jour, son mot à dire dans la politique éducative du pays.» - Ph.
Nemo
«Si vous pensez que l'éducation coûte cher, essayez l'ignorance!» - Derek Bok
Je vous invite également à visiter le groupe "Pour l'Ecole aussi, le service public doit être un service maximum" sur
FaceBook : http://www.facebook.com/group.php?gid=15304312634
Librement,
SRDF
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