Dans un système compétitif, qu'advient-il des derniers ?

Publié le par Stradefi

La question m'a été posée à plusieurs reprises depuis une dizaine de jours. Ainsi ai-je eu l'occasion de rappeler auprès de certains médias (blogs et radios) que le sort de « derniers » est préoccupant ou considérable, au sens propre de ces termes, mais guère inquiétant en soi. En effet, le système compétitif n'est pas (dans l'absolu) un système forcément sauvage, sans foi ni loi. Les modèles de société libérale existants peuvent montrer des faiblesses, comme tous les modèles de société, mais ce serait être de bien mauvaise foi que d'affirmer que le libéralisme, en soi, vise à la paupérisation et au malheur d'une population !

Je me souviens d'une conversation que j'ai eu en 2004 à Montréal avec Johan NORBERG, idéologue suédois contemporain (Institut Timbro), (http://en.wikipedia.org/wiki/Johan_Norberg), et à son blog : http://www.johannorberg.net/ (la page semble inaccessible au moment où je rédige ces lignes, mais je pense qu'il doit s'agir d'une inacessibilité provisoire due à une opération de maintenance du site), et à son excellent ouvrage Till världskapitalismens försvar (In Defence of Global Capitalism / Plaidoyer pour la mondialisation capitaliste), paru en 2001.

Je vous renvoie vers cet ouvrage, en particulier, pour alimenter votre réflexion sur la question. Ce qui importe n'est pas de savoir à quelle marche du podium vous vous situez, mais de savoir que la société peut s'organiser de façon à ce que chacun soit à une place qui lui permette d'exister dans des conditions de vie dignes et d'acquérir des perspectives de développement et d'avenir prometteuses.

Si vos ressources, vos moyens, vos perspectives sont bonnes et d'un niveau acceptable aux yeux de la société, vous permettant de répondre à vos besoins, qu'importe le rang que vous occupez, car vous avez de bonnes cartes dans votre jeu. Vous êtes, de surcroît, sans doute moins à plaindre que celle ou celui qui n'a pas d'aussi bonnes cartes que vous. Le rôle collectif de la société doit alors intervenir car ce que la société doit à l'individu qui la constitue, c'est lui donner les bonnes cartes. Mais le dû s'arrête là. C'est à l'individu en capacité d'utiliser les cartes qu'il a en mains. Celle ou celui qui n'en sera pas capable – pour toutes sortes de raisons – doit alors être solidairement pris en charge par la société. De plus, le développement de chacun est appelé à évoluer selon les conjonctures qu'il traverse, les décisions qu'il engage dans ces conjonctures, et beaucoup d'éléments aléatoires et imprévisibles.

Ainsi, ce qui compte in fine, ce n'est pas de vivre mieux que son voisin mais de vivre bien. Alors qu'advient-il des « derniers » ? Demain, ils seront peut-être les premiers ... qui sait !?

Publié dans Chroniques libérales

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S
Je remarque que ma conclusion est un peu courte ... Certes, les premiers seront peut-être les derniers et les derniers les premiers ... et rien n'est moins sûr pour qui n'y croit pas (en-dehors de toute considération religieuse, bien entendu !).J'insiste simplement sur ce point : qu'importe d'être le dernier (dans une catégorie forcément subjective) si on est le premier (dans une autre, tout aussi subjective) et que la dernière place que l'on occupe suffit à un épanouissement social.Mais la question se posait à moi récement dans un échange sur msa.info (http://www.montsaintaignan.info/2008/05/grve-mont-saint.html#comments) au sujet de l'Ecole. Je reviendrai donc dans un prochain billet sur cette question, précisant ainsi la réponse que j'ai déjà donné à l'élu municipal qui m'interpellait sur ce point.Librement,SRDF 
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