C'est certain, on va tous mourir ... un jour (ou une nuit). Mais pas de panique, pour l'instant, c'est juste la crise.

Publié le par Stradefi

Quand j'entends dire que la France va mal, je ne peux m'empêcher de considérer une telle pensée comme fataliste. Il y a toujours eu et il y aura toujours des déclinologues à tout crin, je reste pour ma part résolument optimiste. Et ce, par conviction profonde : il n'y a pas de problème humain qui n'ait de solution humaine.

Ainsi me paraît-il opportun de rappeler deux ou trois choses.

Réagissant à un article de Jean Quatremer sur « la faillite française » sur son blog [http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2008/09/faillite-franai.html?cid=133020785#comments], j'indique ce qu'est, selon moi, dans le contexte économique qui nous préoccupe, la France.

Ainsi, trois piliers : les ménages, les entreprises et l'Etat.

Or, les ménages ne sont pas en faillite. Ils ne disposent certes guère aujourd'hui réellement de moyens de consommer ni d'épargner, encore moins d'investir.

En ce qui concerne la santé des entreprises, toutes sont prudentes en raison de la conjoncture, et parmi les plus grandes d'entre elles, nombre connaissent des difficultés qui sont imputables soit à la crise, soit à leur gestion propre, soit à une combinaison des deux. Après tout, la gouvernance est pour une entreprise la stratégie dont elle fait preuve dans un contexte économique donné. La stratégie peut changer, même s'il est sage de maintenir une stratégie pendant plus de six mois, ce qu'un certain nombre, en particulier dans le domaine bancaire, ne semble pas admettre. Mais c'est alors là une autre crise, celle du management et des ressources humaines.

Enfin, l'Etat. Là, oui, parlons de faillite. Ou presque. Les déficits publics s'accumulent et, là aussi, il y a une question qui se pose, celle des choix qui s'imposent. A la fin du précédent mandat présidentiel, le Gouvernement vendait – à perte (9 milliards d'euro contre une valeur de 14) – ses parts de la majorité des sociétés d'autoroutes, se privant ainsi d'une origine de ressources dont l'abandon reste dommageable. Dans le début du mandat présidentiel actuel, le mot rigueur est tabou, mais s'il manque aux lèvres, il est dans les pensées et dans les actes. La Défense, en particulier, est en train, pour sa part, d'en faire les frais, si j'ose dire ... mais elle a d'autres soucis, notre Défense. Son manque de moyens se fait cruellement ressentir sur les TOE (théâtres d'opérations extérieures) ou nos contingents de projection sont souvent sous-équipés, en matériel militaire comme en matériel de confort minimum. Mais cela est un autre débat, sur lequel je reviendrai ultérieurement ...

Pour l'heure, citons trois mesures de l'actuel Gouvernement, la première dans un passé immédiat, la deuxième dans un futur immédiat et la dernière dans un futur proche :

En premier lieu, l'instauration, le 9 septembre dernier, d'un minimum garanti envers les retraités du régime agricole, pour un coût global de 195 millions d'euro.

Par ailleurs, nous verrons bientôt le retour de la prime de Noël, qui devait disparaître avec la mise en place du RSA, et au sujet de laquelle le Ministre du Travail Xavier BERTRAND a annoncé dernièrement sur Europe 1 qu'elle serait maintenue, avancée et majorée. Le Ministre du Budget Eric WOERTH estime l'opération entre 100 et 150 millions d'euro.

De plus, une revalorisation du budget de la Sécurité Sociale est prévu, à hauteur de 6,9 % du minimum vieillesse en avril 2009, ainsi qu'une majoration de 11 % des pensions de reversion dès 2010.

Sans juger ces mesures en soi, nous sommes loin d'un plan de redressement ... et surtout, rien n'est indiqué quant au train de vie de l'Etat et des collectivités territoriales.

Car en réalité, le troisième pilier, c'est la sphère institutionnelle. Non pas seulement l'Etat mais aussi les territoires : régions, départements, communes.

Le Président de la République aurait été bien inspiré de suivre cette recommandation du rapport de la commission présidée par Jacques ATTALI : la suppression des Départements. C'était la meilleure de toutes les propositions, la plus importante ! La fusion de régions (ou réunification en Normandie) permettrait aussi de dynamiser nos pôles de compétitivité.

Alors, pour un Président taxé d'aimer le spectaculaire, en termes de réforme de l'Etat, je ne vois rien de si spectaculaire ...

Aucune solution durable n'est évoquée pour pallier à la chûte vertigineuse de la rentabilité du système de santé ou aux contraintes démographiques de notre système de retraite. Je n'hésite pas à parler de rentabilité car, quand bien même la vocation de nos dispositifs de solidarité sociale n'est pas la rentabilité, on ne peut se permettre de faire tout et n'importe quoi à la seule fin de garantir l'assurance sociale pour tous (ce qui, au passage, n'existe pas en France, il faut le dire ! Certains citoyens français, quand bien même ils sont extrêmement peu nombreux, n'ont aucune sécurité sociale). J'éviterai de lancer à nouveau maintenant un débat sur l'administration, la bureaucratie et le service public ... j'en ai beaucoup traité, et j'y reviendrai souvent.

Ménages, Entreprises, sphère institutionnelle ... si l'un des trois tombe à l'eau, lequel des deux autres l'aura poussé ? Je vous laisse méditer, et vous livre quelques chiffres et références :

1° | source : INSEE

"Les dépenses de consommation des ménages en services décélèrent (+ 2,7 % contre + 3,1 %) : la baisse de la consommation de services financiers (− 0,7 % après + 5,0 %) et le ralentissement des dépenses en services de télécommunications ne sont pas compensés par l’accélération des dépenses en services aux particuliers (+ 2,0 % après + 1,0 %), tirées par les hôtels-cafés-restaurants et les services domestiques. (...) L’investissement des administrations publiques retrouve également un peu de vigueur (+ 1,8 %) après une année 2006 très basse (− 2,3 %). En revanche, l’investissement des ménages, concentré dans le bâtiment, décélère sensiblement (+ 3,0 % après + 7,1 %). (...) le taux d'épargne des ménages (...) [progresse] de 0,7 point par rapport à 2006".

http://www.insee.fr/fr/ffc/ipweb/ip1189/ip1189.html

Quelle évolution !! En dehors des chiffres, dit-on, tout le reste n'est que littérature. Tout dépend comment on lit ...

 

2° | source : AFP

Extrait du communiqué AFP de vendredi dernier, 26 septembre, à 13h12 :

"Le moral des ménages français s'est repris en septembre en gagnant trois points après treize mois de baisse consécutive, en données corrigées des variations saisonnières, a annoncé l'Insee vendredi".

http://fr.news.yahoo.com/afp/20080926/tfr-economie-indicateur-2elead-f56f567.html

Ou est l'optimisme, dans tout ça, me direz-vous !?

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