Plus utopiste que Jacky HENIN, tu meurs !

Publié le par Stradefi

 

Rencontre avec Jacky HENIN, candidat du Front de Gauche


Source de l'image : un blog ami (Arnaud)

Mes petits camarades bloggeurs l’ont dit, et quoique je ne sois pas particulièrement homme de consensus, je m’inscris dans ce sentiment : Jacky HÉNIN est un bonhomme ! On éprouve d’emblée une vraie sympathie pour ce solide et chaleureux gaillard, ancien quaterback. Une poigne qui en impose (ce qui se fait de plus en plus rare) un regard qui lit en vous avec attention, on aime tout de suite le personnage.

 

Nous avons peu de temps, il est attendu pour le grand raoud qu’on imagine aisément aussi vivant que le leader du Front de Gauche lui-même dans notre circonscription. Alors, après un tour de table réduit à la congruité, on entre dans le vif du sujet.

Les phrases de Jacky HÉNIN fusent, et démontrent qu’il a aussi la carrure de l’esprit. : « Le Front de Gauche crée l’unité réclamée par l’opinion électorale [quand] le PS a toujours trahi les engagements qui étaient les siens devant l’opinion (…) ; l’UMP est en train de triompher face à l’absence de combattants [en face] ». Quand nous lui demandons si la Gauche Unitaire Européenne peut peser au sein du Parlement Européen, il taille dans le vif : « Le Parlement Européen fonctionne dans le consensus mou ». Il évoque l’action de la GUE contre la directive dite « Bolkestein » ou la directive « temps de travail », rappelant que la GUE tient un rôle non négligeable dans l’opposition qui a été engagée. « Nous y avons pris notre part ».

Sur le fonctionnement de l’assemblée parlementaire, il tranche net : « J’ai toujours refusé la méthode de travail qui consiste à déposer des rapports ; je fais des amendements ».  Je lui fais remarquer que l’opinion peut percevoir cette attitude comme une solution de facilité, qui ne propose rien d’authentique mais se contente de vouloir modifier le travail des autres et résumant l’action au seul vote des textes.

L’homme ne se démonte pas, me sourit dans sa barbe poivre et sel qui me fait penser que je ne sais pas trop s’il ressemble davantage au Grand Schtroumpf (ou Karl Marx) ou au Père Noël, et je remarque qu’il n’est comparable à nul autre, comme l’indique d’ailleurs les initiales J.H. brodées en blanc sur le tour de poignet de sa chemise noire. D’ailleurs, il est entièrement vêtu de noir, ce qui lui donne, avec son crâne lisse couronné, là aussi, poivre et sel, un style très anarcho.

Il répond par une proposition phare de son projet : la création d’un SMIC européen de 1600 €. « Je déposerai une proposition dans ce sens ». Je lui demande s’il intègre dans sa proposition des critères de convergence (vu que le niveau de vie n’est pas le même dans tous les pays de l’Union), et il répond « sans critères de convergence ». Bon, ça, c’est de l’utopie, mais l’absence de critères de convergence dans sa proposition me fait penser qu’elle échappe tout de même au bon sens.

En revanche, il m’apporte pleine satisfaction lorsqu’il déclare, sur les institutions : « il n’y a pas besoin de Commission Européenne ». Mais il poursuit avec une jolie contradiction car, selon lui, « le Parlement Européen ne souffre pas d’un déficit de pouvoir, mais il n’a pas le pouvoir d’initiative ». Mais alors, qu’est-ce que le pouvoir sans l’initiative !? Cela rejoint sans doute la vision qui consiste à amender des textes sans en déposer. Au moins, il y a une cohérence.

Sur les questions de fond, les positions de Jacky HENIN sont claires et sans ambages. L’Union européenne n’est pas en phase avec les attentes réelles des citoyens, ni en matière d’emploi, ni de santé ou encore d’éducation. Il la résume à un grand marché.

Sur la politique agricole commune, il se prononce pour la suppression des subventions aux terres en friche et contre l’uniformisation, pour le respect de la diversité et du particularisme, pour une liberté locale.

Sur l’énergie, il évoque uniquement le débat sur le nucléaire, soulignant que l’électricité produite par les centrales nucléaires « est la moins chère d’Europe, et qu’on n’a pas les moyens de s’en passer ». Il ne développe pas tellement, mais au fond, tout est dit.

Sur l’immigration, l’ancien Maire de Calais appelle à une politique commune valorisant le codéveloppement interne.

La question de la Turquie se pose, et il s’oppose à l’adhésion turque, à cause de la situation du Kurdistan, de la façon dont les Turcs mènent leur laïcité, de la situation des droits syndicaux, des droits des femmes ou de l’absence, selon lui, de règles démocratiques minimum. Toutefois, il ne s’avance pas à prétendre que la Turquie serait une dictature … Il souligne le fait qu’avec 70 millions d’habitants, la raison d’une adhésion de la Turquie ne peut être que capitaliste !

« Pas de Défense européenne, puisqu’elle sera dirigée par les États-Unis, via l’OTAN », spécule-t-il.

Il insiste sur le statut de la femme, et c’est le seul candidat qui nous en ait parlé, quoique je suppose que pour les candidates, ce débat est évident et qu’elle ne veulent sans doute pas le stigmatiser … Ainsi, Jacky HENIN veut hisser le statut de la femme selon le modèle de la femme européenne la plus favorisée (elle n’existe évidement pas !), arguant que « tous les retards acquis dans l’enfance ne se rattrapent jamais ». Le retard dans l’enfance, un acquis social ?

Enfin, à la question « comment répondre à la crise ? », la réponse est sans appel : « Contre les amendements du PSE et du PPE ! Il faut mettre le PSE en difficulté ». Le plan de relance européen n‘est qu‘une addition des efforts nationaux, et « il faut mettre à l‘index les Britanniques. Le Royaume-Uni méprise tout ! » martèle-t-il. « Il faut relancer la consommation par une augmentation du pouvir d’achat et lutter contre le dumping ».

Pour autant, lorsque je lui demande s’il est favorable à un impôt européen, remplaçant certains impôts nationaux, la réponse est « non », sans autre forme de procès.

Bon, ce n’est pas le bulletin du Front de Gauche que je mettrai dans l’urne dimanche et cela n‘engage que moi, même si j’ai parfaitement apprécié la rencontre avec le bonhomme (ce qui n’engage également que moi, même si je crois l’appréciation partagée par tous mes petits camarades présents à cet entretien).

Publié dans Actualités politiques

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