Une croisée des chemins après l'autre ...

Publié le par Stradefi

Dimanche 7 juin.

Je me lève un peu tard. C’est la dernière journée. Encore ce matin, je tracte sur le Clos, appelant les gens à voter. L’avantage, c’est que je ne représente aucun parti. J’ai recouvré mon indépendance il y a deux ans maintenant, et j’y suis aussi bien que dans mes baskets. Alors, je peux être sans complaisance pour les uns ou les autres. Et puis, en ma qualité de président d’un groupe de Jeunes Européens, mouvement transpartisan qui respecte toujours l’équilibre des forces représentées (comme l’a montré notre dernier café européen mercredi dernier, invitant les jeunes de tous les partis), nous pouvons distribuer nos documents le jour même du scrutin, puisque nos documents appellent simplement à voter, un point c’est tout.

Alors il est tard quand je me lève. J’en profite un peu, sacrebleu ! C’est fou comme cette campagne que personne n’a vu est aussi épuisante qu’une présidentielle ou une municipale ! J’ai vu des choses, durant ces campagne. Entendu, bien sûr, mais vu aussi. Et appris. Sur le fonctionnement des uns ou des autres, on apprend tous les jours. Et j’ai retrouvé de bons copains. A gauche, à droite, au centre. On a passé de très bons moments. Des réunions, des entretiens, des dîners, des émissions, des marchés, des stands, des conférences … et on fait tourner le commerce de proximité !

Et me voilà dans mon bureau de vote, à l’école Camus.

Je m’apprête à glisser un bulletin dans l’urne. Jusque là, pas de souci. Simplement, une question. C’est bien la première fois que je me la pose aussi tard, presque dans l’isoloir (ou je ne vais que quand on m’y force, je déteste ça, je n’ai rien à cacher et les gens n’ont qu’à pas regarder ce que je glisse dans mon enveloppe. J’aurais du la préparer à l’avance, tiens. Je vais prendre deux bulletins, parce que mon choix se fera entre ces deux-là …

Et pourtant, j’ai annoncé publiquement quel serait mon vote. J’ai dit à une candidate il y a peu que je glisserai mon cadeau d’anniversaire dans l’urne le 7 juin … nous y voilà, et le fait de l’avoir dit a pour moi valeur de promesse. J’ai des principes un peu old regime, mais je les entretiens. C’est comme ça.

Mon cœur chavire entre deux femmes. Je veux dire, entendons-nous bien, entre deux candidates. Il y en a d’autres qui ont ma sympathie, parmi les candidats. Certains (oui, plusieurs !) pour qui j’ai voté par le passé.

Le suspense vous agace, vous voulez savoir !?

Et bien, je vais vous dire quelles sont les deux qui ont ma préférence aujourd’hui, parce que ce sont-elles, l’une et l’autre, que j’ai appris à les découvrir, que mes idées sont les leurs en grande partie, et 

J’ai un regret, que Jean-Paul ne soit pas en meilleure place sur la liste de l’UMP. Je lui souhaite de tout cœur d’être élu, car le Parlement européen serait privé d’une parlementaire tout à fait compétent et qui a la finesse de se situer en tant que personne et non pas comme un parfait apparatchik. Disons que Jean-Paul est un apparatchik imparfait, et je l’apprécie beaucoup.

Monsieur PARGNEAUX, là, désolé, rien à faire. Autant, j’ai de la sympathie pour d’autres sur sa liste, autant je ne peux pas avaler, c’est plus fort que moi, l’appel au vote-sanction (propos qu’il a tenu à Rouen le 28 mars et relayés par Paris-Normandie) ou encore le fait de frapper la pensée fédéraliste au sceau de l’hérésie (dans une interview qu’il a accordée au Taurillon, le webzine des Jeunes Européens), avec une absence manifeste de préoccupation des pays qui, à l’instar de la première population nationale en Europe (80 millions d’Allemands), vivent dans un système fédéral au quotidien. Bref, n’étant pas socialiste, j’aurais aimé tout de même que le PS fasse preuve d’un peu plus d’intelligence dans le choix de sa tête de liste dans notre circonscription. L’avenir ne s’annonce décidément toujours pas rose au PS … il serait temps que ça change, non !? Ça m’embête sincèrement pour les amis (tout aussi sincères) que j’y ai, et je savoure d’autant plus mon indépendance retrouvée. Mais elle n’est peut-être pas faite pour durer … nous verrons cela en temps et en heure.

 

Pour l’instant, je vais me plier à l’exercice des trois questions lancées par Arrêt sur les mots:

« C’est quoi l’Europe pour toi ? »

L’Europe est la vision de ce que les différences sont faites pour être rassemblées, avec respect, tolérance, pour valoriser la diversité, les particularismes et pour partager dans une communauté de vie organisée au mieux des désirs des uns et des autres. Une illustration de cela se matérialise enfin avec la sortie du magazine « L’Européen », dont je me régale du numéro de lancement, paru ce mois-ci et disponible dans les kiosques. Ce magazine est véritablement l’illustration la plus proche de la vision qui est la mienne pour l’Europe. Cela me permet de faire court pour répondre à cette question (et c’est une chance pour vous !!)

      

« Que peux-tu écrire à tes lecteurs pour les encourager à aller voter dimanche 7 juin ? »

Je vous propose 10 raisons d’aller voter le 7 juin :

1. Voter est un droit ! Se plaindre aussi … mais l’on n’est pas très crédible si l’on critique l’Union Européenne sans se rendre aux urnes dimanche.

2. Le Parlement Européen est la seule assemblée parlementaire internationale élue au suffrage universel direct, travaillant dans 23 langues, valorisant la devise de l’Union Européenne : « Unie dans la diversité »

3. Les pouvoirs du Parlement Européen augmentent (quoique pas assez selon moi), ce qui signifie que le poids des citoyens qui élisent les Députés européens  augmente également. La démocratie parlementaire est donc renforcée !

4. Choisissez, ne subissez pas ! Ne vous laissez rien imposer ! Choisir vos élus est un acte de représentation civique fort, c’est votre voix et elle compte !

5. Si vous êtes allés voter aux législatives et que vous n’envisagez pas de vous rendre aux urnes dimanche pour le scrutin européen, vous avez perdu votre temps, puisque le Droit communautaire prime sur le Droit national (français, autrichien, irlandais, slovène, &c). Et si vous n’avez pas voté aux législatives, sans doute est-ce parce que vous aviez conscience de cet état de fait et que vous avez réservé votre énergie électorale pour le scrutin de dimanche prochain, n’est-ce pas !?

6. Le Parlement Européen ne fonctionne pas sur un modèle parlementaire tel que nous pouvons le connaître dans les parlements nationaux, comme l’Assemblée Nationale en France. Il n’y a pas à proprement parler une majorité et une opposition permanentes, mais un ensemble de groupes qui travaillent de concert, les uns avec les autres, avec leurs points de convergence et de divergence, en formant des alliances conjoncturelles sur les différents dossiers législatifs. Bien sûr, certains groupes sont plus importants que d’autres, mais tous sont composés de parlementaires de plusieurs États différents ; c’est donc un exercice parlementaire doublement collectif.

7. Il importe de ne pas tomber dans le piège du vote-sanction ! Les enjeux sont clairement européens, et ce n’est pas la politique française qui fait la politique européenne ! La France est sortie de sa présidence tournante du Conseil de l’Union Européenne avec des chantiers immenses qu’il reste à construire, aujourd’hui avec la difficile présidence tchèque, demain (en fait le 1er juillet), avec la présidence suédoise. L’Europe mérite mieux qu’une récupération démagogique par les uns ou par les autres. Pour régler ses comptes en matière de politique intérieure, il est plus intelligent d’utiliser les opportunités intérieures que sont les prochaines élections régionales de 2010, les cantonales de 2011, jusqu’aux présidentielles et législatives de 2012 …

8. Le Parlement Européen a un rôle majeur dans le contrôle et le vote du budget de l’Union Européenne. Si ce budget peut sembler faible au vu des champs de compétence de l’Union, il importe que la représentation des citoyens dispose de ce pouvoir budgétaire, car le budget est avant tout l’illustration matérialisée des orientations appelées à devenir réalisations de l’Union Européenne.

9. Parce que la démocratie va de pair avec le fait de rendre compte de l’action publique, il importe de savoir que vous avez la capacité de vérifier le travail des Députés européens sur ce site.

10. Voter le 7 juin, c’est contribuer à consolider les perspectives d’une union politique sur laquelle pourra se baser la construction réelle d’une Europe sociale, et c’est donner toutes ses chances à l’avenir pour changer d’Europe quand on ne se satisfait pas du modèle largement intergouvernemental qu’elle est aujourd’hui !

Pour conclure, voter le 7 juin, c’est faire valoir votre citoyenneté ! Vérifiez la couverture de votre passeport, l‘« Union Européenne » y est inscrite avant la « République Française » : vous avez juridiquement la citoyenneté européenne. Faites-la vivre ! Exercez-la ! Faites vivre l’Europe et défendez le modèle que vous désirez, quel qu’il soit ! Soyez partie prenante de cet honorable et grand projet de communauté de vie car, que vous vous intéressiez ou non à l’Europe, l’Europe s’intéresse à vous !

« Quelle liste représente les idées que tu veux voir défendre au Parlement Européen ? »

Nous y voilà ! Enfin !

Sans dévoiler mon vote, je peux répondre à cette question.

Je suis libéral, au sens le plus étymologique qui soit, ramenant mon propos au libéralisme politique (pour faire court : « fais ce que tu veux, tant que tu m’emm*** pas les autres ! » et, pour y inclure l‘indispensable mesure de solidarité : « le moins d‘État possible, autant d‘État que nécessaire »), et je suis fédéraliste (principe fondateur : la subsidiarité, ou l’art de faire au plus petit niveau possible que ce soit tout ce qui peut l’être, garantissant ainsi notamment les services publics de proximité).

Je ne mange pas bio, je mange naturel (« bio », ça me donne des boutons, c’est du marketing pur et ça m’évoque « laboratoire », « éprouvette », … donc je mange na-tu-rel !), je suis pour la complémentarité des modes de production d’énergie et pour un investissement majeur dans la recherche au profit, prioritairement, du développement durable, de la médecine et de l’aérospatiale, à savoir des domaines qui permettent d’engager et de tenir des promesses d’épanouissement pour tous et pour chacun. Plus globalement, je crois en la conversion écologique de l’économie.

La façon dont les militants des vingt-sept partis socialistes européens ont contribué au Manifesto me paraît la méthode la plus cohérente qui soit, tel que je l’ai confirmé lors de ma rencontre avec Laurent Fabius il y a peu et confirmé sur le blog de la fédération PS de Seine-Maritime. Les Verts en ont fait de même, et c’est chez eux une habitude qui date quasiment du début de leur existence. L’UMP, en tant qu’appareil, se montre sous son plus simple … appareil, justement, et son projet n’est pas transcendant : il est moins mis en avant que le bilan prétendument très positif de la Présidence française du Conseil de l’Union Européenne … j’ai de la sympathie pour plusieurs candidats de la liste, mais cela ne suffit hélas pas à motiver mon vote.

Les deux listes qui sont susceptibles de recevoir ma voix sont Europe Ecologie et le MoDem.

  

Samia BOUKHALFA et Stéphanie TALEB-TRANCHART, respectivement conseillère municipale "Réussir Mont-Saint-Aignan" et Première adjointe au Maire de Mont-St-Aignan, toutes deux candidates aux européennes (liste MoDem de Corinne LEPAGE pour la première, liste Europe Ecologie d'Hélène FLAUTRE pour la seconde)

Publié dans Actualités politiques

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